Série « Guéri, et pourtant », Article 4/6
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Vous vous inquiétez pour des choses qui ne le justifient pas. Une conversation à venir, la santé d’un proche, un détail du quotidien. Quand un sujet d’inquiétude se règle, un autre prend sa place. Vous avez l’impression d’être « naturellement anxieux ». Et pourtant, vous avez déjà consulté. Vous avez avancé. Ce fond d’anxiété sans raison qui persiste n’est pas votre caractère. C’est le système nerveux qui tourne encore en mode alerte. L’hypnose ericksonienne peut s’adresser à ce niveau précis. En cabinet à Parçay-sur-Vienne, en Touraine, et en visioconférence.

Ce qu’est vraiment l’inquiétude chronique après un trauma
L’inquiétude chronique post-traumatique n’est pas un trouble anxieux généralisé au sens classique du terme. Elle a une origine : un système d’alerte qui a été activé par un événement réel et qui n’a jamais reçu le signal que le danger est terminé.
La psyché cherche quelque chose à surveiller parce que le système d’alerte est encore en fonctionnement. L’objet de l’inquiétude change, mais l’inquiétude, elle, reste. C’est une énergie de vigilance qui tourne à vide, à la recherche d’un danger justificateur.
Stephen Porges a montré que la neuroception, c’est-à-dire la détection du danger ou de la sécurité par le système nerveux autonome, fonctionne en dehors du contrôle conscient. Le NIMH documente comment le système nerveux reste bloqué en mode alerte longtemps après la fin du danger réel. On ne peut pas décider d’arrêter de s’inquiéter : le signal vient d’un niveau que la volonté n’atteint pas.
Pour comprendre le cadre général de l’anxiété résiduelle dont fait partie cette inquiétude chronique : anxiété résiduelle après un trauma
Pourquoi l’inquiétude se pose sur n’importe quoi
C’est l’un des signes les plus caractéristiques de l’inquiétude chronique post-traumatique : elle n’a pas d’objet fixe. Elle se pose sur ce qui est disponible. La santé, les enfants, l’argent, le travail, un message sans réponse. Quand une inquiétude se résout, une autre la remplace immédiatement.
C’est pourquoi régler les problèmes concrets ne règle pas l’inquiétude. Le problème n’est pas l’objet de l’inquiétude. Le problème est l’état du système nerveux qui cherche quelque chose à surveiller.
L’erreur d’attribution
La plupart des personnes qui vivent cette inquiétude chronique finissent par la prendre pour leur caractère. « Je suis quelqu’un de nature anxieuse. » C’est une erreur d’attribution fréquente et douloureuse : elle fait croire que c’est une donnée permanente, non modifiable. Ce n’est pas le caractère. C’est une adaptation du système nerveux à une histoire.
L’épuisement comme conséquence
Surveiller en permanence, même à bas bruit, consomme des ressources énergétiques considérables. La fatigue chronique, les difficultés de concentration, l’impression de ne jamais vraiment se reposer : ce sont souvent des conséquences directes de l’inquiétude chronique post-traumatique, pas des causes indépendantes.
Pourquoi la compréhension ne suffit pas
Bessel van der Kolk a documenté ce que beaucoup de personnes vivent sans pouvoir le nommer : comprendre l’origine de son anxiété ne la fait pas disparaître. Ces deux niveaux, le récit conscient et l’état du système nerveux autonome, ne communiquent pas directement.
Un suivi peut avoir permis de comprendre d’où vient l’inquiétude, de la relier à un événement précis, de lui donner un sens. C’est un travail réel et nécessaire. Mais la compréhension cognitive ne désactive pas le système d’alerte. Pour que l’inquiétude chronique se résorbe, c’est le système nerveux lui-même qui doit recevoir le signal que c’est fini. Et ce signal ne passe pas par les mots.
Ce lien entre l’inquiétude chronique et l’hypervigilance du système nerveux est également traité dans : hypervigilance post-traumatique et hypnose
Ce que l’hypnose ericksonienne atteint
L’hypnose ericksonienne ne cherche pas à convaincre la personne de cesser de s’inquiéter. Elle travaille à un autre niveau : le système nerveux autonome, la mémoire implicite, les patterns automatiques.
En état hypnotique, la neuroception peut être recalibrée. Le système nerveux apprend, dans l’espace de la transe, ce que signifie être en sécurité sans surveiller. Ce n’est pas une conviction qu’on installe. C’est une expérience que le système nerveux fait, et dont il se souvient.
Peter Levine a montré que l’énergie d’alerte figée dans le système nerveux peut se libérer progressivement quand les conditions de sécurité sont créées. L’inquiétude chronique, vue sous cet angle, est une énergie de survie qui n’a pas encore trouvé comment se déposer.
Ce travail s’inscrit dans La Traversée, mon programme d’accompagnement en trois phases : Respirer, Rencontrer, Exister. La phase Respirer est précisément celle où le système nerveux apprend à se réguler. C’est la condition pour que tout le reste devienne possible.
| Signes que l’inquiétude chronique est d’origine post-traumatique Une inquiétude qui se pose sur des sujets changeants, sans objet fixe L’impression d’être « de nature anxieuse » sans l’avoir toujours été Régler un problème concret ne soulève pas l’inquiétude : une autre prend la place Une fatigue chronique liée à la vigilance permanente Difficulté à se détendre vraiment, même dans des contextes sûrs L’inquiétude a commencé ou s’est intensifiée après un événement précis |
Questions fréquentes
Peut-on distinguer une inquiétude naturelle d’une inquiétude post-traumatique ?
La distinction la plus utile est celle-ci : l’inquiétude naturelle est proportionnelle à la situation et se résorbe quand la situation évolue. L’inquiétude post-traumatique est disproportionnée et se déplace plutôt qu’elle ne disparaît. Elle est également souvent liée, même indirectement, à une période de vie particulièrement éprouvante.
Pourquoi suis-je anxieux sans raison apparente après un suivi ?
Parce que le suivi a peut-être atteint les niveaux qu’il était en mesure d’atteindre : le récit, la compréhension, la régulation émotionnelle consciente. Mais l’état du système nerveux autonome est un registre différent. C’est précisément là que l’hypnose ericksonienne peut intervenir en complémentarité.
Les séances peuvent-elles se tenir à distance ?
Oui. Les séances en visioconférence sont disponibles pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’au cabinet de Parçay-sur-Vienne. C’est ce format qui permet d’accompagner des personnes de Chinon, d’Azay-le-Rideau, de Sainte-Maure-de-Touraine et de partout en France.
Pour aller plus loin
Évitement post-traumatique : hypnose pour ce qu’on évite sans savoir pourquoi
Mémoire traumatique et manifestations somatiques
Références
Bessel van der Kolk, Le Corps n’oublie rien, Albin Michel, 2014.
Stephen Porges, The Polyvagal Theory, Norton, 2011.
Peter Levine, Waking the Tiger, North Atlantic Books, 1997.