Série « Guéri, et pourtant », Article 3/6
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Vous ne regardez plus certains types de films. Vous évitez un quartier entier sans vraiment savoir pourquoi. Vous n’abordez plus certains sujets en conversation. Vous avez réorganisé votre vie autour d’une cartographie intérieure que vous ne vous êtes jamais expliquée. Et pourtant, vous avez déjà consulté. Le traumatisme n’occupe plus toute la place. Ce que vous vivez a un nom : l’évitement post-traumatique résiduel. Un mécanisme de protection devenu invisible, qui rétrécit la vie sans bruit. L’hypnose ericksonienne peut s’adresser à ce niveau précis. En cabinet à Parçay-sur-Vienne, en Touraine, et en visioconférence.

Ce qu’est l’évitement post-traumatique résiduel
L’évitement est l’un des trois piliers du stress post-traumatique, avec l’hypervigilance et les reviviscences. Mais il en existe une forme résiduelle, discrète, qui persiste longtemps après que le plus gros du trauma est passé. Cette forme-là ne ressemble plus à l’évitement aigu des premiers temps.
Au stade résiduel, l’évitement s’est naturalisé. On ne le reconnaît plus comme un mécanisme de défense. On le prend pour du goût, du caractère, des préférences. « Je n’aime pas les foules. » « Je préfère éviter ce sujet. » « Ce quartier ne me convient pas. » Le CN2R documente comment l’évitement, lorsqu’il n’est pas traversé, renforce lui-même le trauma en confirmant à la psyché que le danger est toujours présent.
Pour comprendre le cadre général de l’anxiété résiduelle dans lequel s’inscrit cet évitement : anxiété résiduelle après un trauma
Comment l’évitement rétrécit la vie sans qu’on s’en aperçoive
L’évitement post-traumatique résiduel fonctionne par strates. Il commence par éviter ce qui rappelle directement le trauma. Puis il étend progressivement son territoire, par association, par contamination symbolique.
Évitement des lieux et situations
Un quartier, un type de restaurant, un mode de transport, un contexte professionnel particulier. Les évitements de lieux sont souvent les plus facilement rationalisés. On trouve toujours une raison pratique qui masque le mécanisme sous-jacent.
Évitement relationnel
Certaines personnes deviennent inaccessibles, certains types de relation impossibles. L’évitement relationnel peut toucher des profils entiers, des dynamiques précises, des modes d’interaction qui évoquent quelque chose du trauma sans que le lien soit conscient.
Évitement émotionnel et cognitif
C’est le plus invisible. On ne pense plus à certaines choses. On change de sujet automatiquement. On évite les films, les livres, les conversations qui pourraient éveiller quelque chose. La psyché a appris à détecter les signaux avant que la conscience les ait enregistrés.
Au fil du temps, la somme de ces évitements produit une contraction du champ de vie. Non pas brutale, mais progressive, imperceptible. On ne réalise l’ampleur de la restriction qu’en la mesurant rétrospectivement : les endroits où on n’est plus allé, les personnes qu’on ne voit plus, les projets qu’on n’a plus envisagés.
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Pourquoi l’évitement résiste au suivi verbal
L’évitement post-traumatique résiduel est l’un des mécanismes les plus résistants, précisément parce qu’il se renforce lui-même. Chaque fois qu’on évite, on confirme à la psyché que l’évitement était nécessaire. Le cercle se referme sans qu’on s’en aperçoive.
Un suivi verbal peut avoir permis de comprendre l’origine de l’évitement, de le relier au trauma, de lui donner un sens. C’est un travail réel et précieux. Mais la compréhension ne désactive pas le réflexe. L’évitement est encodé dans la mémoire procédurale, dans les automatismes du système nerveux, dans des réflexes qui précèdent la pensée.
Pour comprendre comment cette mémoire procédurale s’installe dans le corps : hypervigilance post-traumatique traite du même mécanisme appliqué à l’état d’alerte permanent.
Ce que l’hypnose ericksonienne atteint
L’hypnose ericksonienne ne cherche pas à exposer frontalement la personne à ce qu’elle évite. Ce n’est pas de la désensibilisation par exposition directe. Elle travaille différemment.
En état hypnotique, l’accès au matériel évité peut se faire par des voies symboliques, des images, des métaphores, des représentations intérieures. La psyché approche ce qu’elle évitait, mais dans un cadre sécurisant, à son propre rythme, sans submersion. C’est la différence entre être amené à regarder quelque chose directement et le voir apparaître dans un miroir.
L’objectif n’est pas d’éliminer l’évitement comme s’il était une erreur. C’est de permettre à la psyché d’intégrer ce qu’elle évitait, pour que l’évitement cesse d’être nécessaire. La vie peut alors s’élargir à nouveau, non par décision, mais parce que les conditions intérieures ont changé.
Ce travail s’inscrit dans La Traversée, mon programme d’accompagnement en trois phases : Respirer, Rencontrer, Exister. La phase Rencontrer est précisément celle où le travail sur l’évitement peut s’ouvrir, une fois la sécurité somatique établie.
| Signes que l’évitement post-traumatique est encore actif Des lieux, des quartiers ou des contextes qu’on ne fréquente plus sans vraiment savoir pourquoi Des sujets de conversation qu’on évite systématiquement Des types de films, de livres ou de médias qu’on ne peut plus regarder Des personnes ou des profils relationnels devenus inaccessibles La sensation que la vie s’est rétrécie progressivement, sans moment décisif identifiable Une difficulté à reconnaître ces évitements comme liés à quelque chose de précis |
Questions fréquentes
L’évitement disparaît-il spontanément avec le temps ?
Non. L’évitement post-traumatique résiduel tend à se consolider avec le temps, pas à se résorber. Chaque évitement réussi renforce le réflexe. Le temps seul ne crée pas les conditions d’une intégration. Il permet à l’évitement de s’installer plus profondément dans les habitudes.
Comment distinguer une préférence personnelle d’un évitement post-traumatique ?
La distinction n’est pas toujours évidente seul. Un indicateur utile : la préférence personnelle est flexible et contextuellement ajustable. L’évitement post-traumatique, lui, est rigide et accompagné d’une tension, d’une anxiété ou d’un vide quand on approche ce qu’il écarte. Le RDV découverte est l’espace pour évaluer cela ensemble.
Les séances peuvent-elles se tenir à distance ?
Oui. Les séances en visioconférence sont disponibles pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’au cabinet de Parçay-sur-Vienne. C’est ce format qui permet d’accompagner des personnes de Chinon, d’Azay-le-Rideau, de Sainte-Maure-de-Touraine et de partout en France.
Pour aller plus loin
Mémoire traumatique et manifestations somatiques
Différence entre hypnose ericksonienne et hypnose classique pour le traumatisme
Références
Bessel van der Kolk, Le Corps n’oublie rien, Albin Michel, 2014.
Judith Herman, Trauma and Recovery, 1992.
Pat Ogden, Trauma and the Body, Norton, 2006.