Série « Expatriation de proximité et hypnose », article 3/6
Vous travaillez au siège, à Genève. Vous n’avez jamais mis les pieds sur une zone de crise. Et pourtant, quelque chose en vous a changé. Aucune journée précise, aucun événement isolé ne peut l’expliquer.

Ce qui rend cette situation spécifique au personnel de siège
Le Centre national de ressources et de résilience précise que le traumatisme vicariant ne provient pas d’une exposition directe aux éléments physiques d’un événement. Il naît plutôt de l’engagement empathique avec les récits de ceux qui l’ont vécu. Ce mécanisme inclut d’ailleurs explicitement l’examen de dossiers et de rapports, au même titre que l’écoute directe de témoignages.
Concrètement, cela signifie que le personnel basé au siège vit la même exposition que les équipes déployées. Que vous lisiez des rapports de terrain, traitiez des dossiers de bénéficiaires, ou coordonniez des réponses à des crises depuis un bureau genevois, vous êtes exposé au même mécanisme, même sans jamais quitter la Suisse. Pourtant, cette réalité reste largement méconnue. Les personnes concernées elles-mêmes se sentent souvent illégitimes à nommer cette fatigue, qu’elles pensent réservée à ceux qui étaient physiquement présents.
Comment cette fatigue se manifeste au quotidien
Ce qui rend cette situation particulièrement difficile à identifier, c’est l’absence de récit héroïque pour la justifier. Un collègue revenant de mission peut nommer ce qu’il a vu. Vous, en revanche, avez seulement lu, traité, coordonné. Cela semble à peine mériter d’être évoqué.
Cette dynamique rejoint ce que je décris dans l’article sur le trauma vicariant chez les humanitaires expatriés. La différence, c’est que le personnel de siège cumule souvent une double invisibilité : celle de ne pas être sur le terrain, et celle de vivre à Genève, une ville perçue comme confortable. Cette double invisibilité rend la reconnaissance de cette fatigue encore plus difficile à obtenir, autant de la part de l’entourage que de soi-même.
Ce que permet l’hypnose spécialisée dans ce contexte précis
L’hypnose ericksonienne travaille sur cette empreinte sans exiger de justifier au préalable sa légitimité à consulter. Il ne s’agit pas de comparer votre vécu à celui des équipes de terrain. Il s’agit plutôt de reconnaître ce qui s’est réellement déposé en vous à force de lire, traiter et porter ces récits.
Ce travail rejoint les mécanismes que je décris dans l’article sur la mémoire traumatique et ses manifestations somatiques. Ce mécanisme fonctionne de la même façon, que la source du trauma soit vécue directement, racontée en personne, ou rencontrée à travers un dossier.
L’accompagnement se déroule entièrement à distance, en visioconférence. Il ne nécessite ni déplacement, ni interruption de votre activité au siège. Les modalités générales sont détaillées sur la page hypnothérapie à distance pour Français expatriés.
Questions fréquentes
Est-ce légitime de consulter si je n’ai jamais été sur le terrain ?
Oui. Le mécanisme d’inscription dans le corps et le système nerveux ne dépend pas de la présence physique sur les lieux d’un événement, mais de l’exposition répétée à son récit, quelle que soit sa forme.
Cette fatigue touche-t-elle seulement certains postes précis ?
Non. Elle peut concerner les personnes qui traitent des dossiers de terrain, coordonnent des réponses humanitaires, gèrent des relations avec des bénéficiaires, ou travaillent en contact régulier avec des récits difficiles, quel que soit leur titre exact.
L’hypnose à distance est-elle adaptée à un rythme de travail intense au siège ?
Oui. Les créneaux peuvent s’organiser en dehors des heures de bureau, sans nécessiter de déplacement, ce qui convient particulièrement à un emploi du temps chargé.
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