« Et si je disais quelque chose que je ne veux pas dire ? » « Et si l’hypnothérapeute me faisait faire n’importe quoi ? » « Et si je ne pouvais plus revenir ? » Cette peur de perdre le contrôle sous hypnose est probablement la crainte la plus fréquente que j’entends dans mon cabinet à Parçay-sur-Vienne. Et elle est parfaitement légitime. Pourtant, ce que vous allez découvrir pourrait transformer complètement votre regard sur l’hypnose.

D’où vient cette peur de perdre le contrôle ?
L’hypnose de spectacle a fait des ravages dans l’imaginaire collectif. Ces émissions où des personnes se mettent à faire la poule ou à obéir à des suggestions absurdes ont ancré une image fausse : celle d’un hypnotiseur tout-puissant qui prendrait possession de votre esprit.
Ajoutez à cela les films hollywoodiens où l’hypnose devient un outil de manipulation mentale, et vous comprenez pourquoi tant de personnes hésitent à franchir la porte d’un cabinet d’hypnothérapie. Cette représentation n’a pourtant rien à voir avec la réalité de l’hypnose ericksonienne que je pratique.
Le paradoxe du contrôle
Voici une question qui mérite réflexion : de combien de choses avez-vous vraiment le contrôle au quotidien ? Pouvez-vous contrôler vos pensées ? Essayez maintenant de ne pas penser à un éléphant rose. Impossible, n’est-ce pas ?
Si vous aviez un contrôle total sur vous-même, vous arrêteriez de fumer d’un claquement de doigts, vous dormiriez paisiblement, vous n’auriez aucune angoisse. La réalité, c’est que nous sommes largement guidés par notre inconscient — cette part de nous qui prend 95% de nos décisions sans que nous en ayons conscience.
Comment pourriez-vous perdre en hypnose un contrôle que vous n’avez de toute façon pas ?
Ce qui se passe vraiment en état d’hypnose
Contrairement aux idées reçues, l’état d’hypnose n’est pas un état d’inconscience. Vous ne dormez pas et n’êtes pas sous l’emprise de qui que ce soit. Il s’agit d’un état modifié de conscience, similaire à ces moments où vous êtes absorbé dans un livre, dans un film, ou dans vos pensées pendant un trajet en voiture.
En hypnose ericksonienne, vous restez parfaitement conscient de ce qui se passe. Ma voix reste audible, vos yeux peuvent s’ouvrir quand vous le souhaitez, et toute suggestion qui ne vous convient pas peut être refusée. La différence, c’est que votre attention se focalise différemment, permettant un dialogue avec l’inconscient plus direct.
Ce que beaucoup de personnes découvrent avec surprise, c’est qu’elles ont en fait plus de contrôle en hypnose qu’en temps normal. Pourquoi ? Parce qu’elles accèdent enfin à cette part d’elles-mêmes qui dirige habituellement leur vie sans qu’elles le sachent.
Les protections naturelles de votre inconscient
Votre inconscient a une fonction première : vous protéger. Il ne laissera jamais passer une suggestion qui irait contre vos valeurs profondes ou votre bien-être. C’est un gardien bienveillant, pas un territoire conquis.
Lors d’une séance d’hypnose, si je vous faisais une suggestion inadéquate, votre inconscient la rejetterait immédiatement. Cette barrière de protection est toujours active, même en transe profonde.
L’hypnose : reprendre le contrôle plutôt que le perdre
Le véritable travail de l’hypnothérapie n’est pas de vous faire perdre le contrôle, mais de vous aider à en reprendre. Reprendre le contrôle sur ces angoisses qui vous paralysent, sur ces comportements que vous voudriez changer, sur ce stress post-traumatique qui dirige votre vie malgré vous.
L’hypnose propose quelque chose de différent : non pas abandonner le contrôle, mais l’assouplir, le rendre plus fluide, plus adapté à la réalité.
La première séance : apprivoiser l’inconnu
Dans mon cabinet, la première rencontre est toujours un temps d’échange. Nous parlons de vos craintes, y compris celle de perdre le contrôle. Je vous explique concrètement ce qui va se passer.
Nous commençons souvent par de petits exercices de transe légère — juste pour que vous découvriez par vous-même que vous gardez toujours le choix et la conscience. C’est vous qui décidez jusqu’où aller, à quel rythme. L’hypnose thérapeutique est une collaboration, pas une soumission.
Je me souviens d’une personne qui m’avait annoncé dès son arrivée : « Moi, je ne me laisserai pas aller, j’ai besoin de tout contrôler. » Moins de dix minutes plus tard, son bras se levait doucement devant elle, comme porté par quelque chose de plus profond. Ses yeux se sont écarquillés d’étonnement. Ce n’était pas moi qui avais pris le contrôle — c’était elle qui venait de découvrir qu’elle en avait bien plus qu’elle ne le pensait.
Faire confiance au processus
La peur de l’hypnose révèle souvent un besoin profond de sécurité. C’est normal après un traumatisme d’avoir développé une hypervigilance, un besoin de tout contrôler.
Mais voici ce que j’ai observé : les personnes qui osent franchir ce seuil découvrent qu’elles n’ont jamais vraiment perdu le contrôle. Elles ont simplement appris à faire autrement avec ce qu’elles portent.
Si cette crainte vous retient encore, sachez qu’elle est entendue. Et que le jour où vous déciderez de venir, nous irons à votre rythme. Parce que reprendre le contrôle commence peut-être par accepter de ne pas tout contrôler.